Prêter à des étudiants oui, mais comment sélectionner les bons candidats ?

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15 000 euros par étudiant, c’est le coût annuel moyen des études supérieures en France (1). Encore peu développé dans notre pays, le prêt étudiant concerne moins d’une personne sur dix. Mais ce mode de financement est amené à se démocratiser d’une part car les bourses restent insuffisantes, et d’autres part car les dépenses de formation augmentent actuellement trois fois plus vite que l’inflation (2).

Depuis le vote de la loi sur le financement participatif en 2014, un particulier a la possibilité de prêter à des étudiants via une plateforme de financement alternatif. Il peut ainsi les aider à bâtir leur futur tout en recevant une rémunération de son investissement. Le cœur de métier de ces plateformes est bien entendu la sélection des demandes de crédit d’étudiants qui aura un impact direct sur le rendement du portefeuille des prêteurs. On appelle cela le « credit scoring ».

Lorsqu’ils analysent la demande de crédit d’un étudiant, les établissements bancaires classiques se basent sur la solvabilité du garant (i.e. la personne qui se porte caution, à savoir le ou les parents dans la plupart des cas). Les nouvelles plateformes de financement alternatif ont quant à elles une démarche opposée en se basant avant tout sur l’analyse de l’étudiant lui-même et de son potentiel.

Plus précisément, voici les critères de sélection que nous appliquons chez Edukys :

Niveau d’études atteint
Certains étudiants qui commencent leurs études supérieures, particulièrement la première année après le BAC, vont changer d’orientation ou abandonner leurs études.
C’est tout à fait normal car il est souvent difficile de choisir sa voie à 18 ans. Pour cette raison, il arrive souvent que les demandes d’étudiants d’un niveau BAC+1 soient refusées.

Taux d’emploi / Taux d’embauche
Le taux d’embauche correspond au pourcentage d’étudiants diplômés qui ont un emploi stable 6 mois après la fin de leur cursus scolaire. Ce taux peut varier fortement d’une école à une autre, ou d’un domaine d’études à un autre. 
Les dossiers qui présentent les meilleures espérances de taux d’embauche sont par conséquent favorisés dans notre processus de sélection.

Estimation du salaire futur
L’estimation du salaire futur (basée sur le domaine d’études ou l’établissement scolaire) nous permet d’évaluer la capacité de remboursement de l’emprunteur, en incluant les éventuels autres prêts déjà existants. C’est bien entendu une donnée essentielle nous permettant de mesurer le niveau de risque. Nous ne voulons pas accorder de prêts à des étudiants qui auront du mal à rembourser et se retrouveraient de ce fait en difficultés financières. 

Les pièces justificatives

Le processus de sélection des étudiants inclut également le contrôle rigoureux des pièces suivantes :

  • carte d’identité ou passeport
  • RIB
  • justificatif de domicile
  • 3 derniers relevés bancaires
  • carte d’étudiant ou attestation d’inscription dans l’établissement d’études

Cette analyse est faite en collaboration avec notre prestataire de services de paiement qui effectue un KYC niveau 2 (« Know your Customer », c’est un processus de contrôle spécifique sur la pièce d’identité, le RIB et le justificatif de domicile).
En savoir plus sur le KYC

Au final nous retenons uniquement les dossiers les plus solides et fixons le taux d’intérêt en fonction du niveau de risque.

Les étudiants financés ont en moyenne un niveau d’études compris entre BAC+3 et BAC+4, la plupart vise un diplôme Master 2, dans des domaines d’études très variés qui vont du marketing à l’informatique, en passant par le génie industriel et la finance.

A noter qu’Edukys est la seule société en France à avoir un agrément spécifique de la CNIL sur un modèle de credit scoring dédié aux prêts étudiants : Consulter la délibération de la CNIL

Pour résumé, notre processus de sélection des projets fait la part belle au mérite des étudiants et à la cohérence de leur parcours scolaire plutôt qu’à leur origine sociale. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on parle de produit d’ « impact investing » (placement ayant un impact social positif).

 

(1) Source : OCDE, indicateurs 2017

(2) Source : UNEF, enquête sur le coût de la vie étudiante 2017

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